Témoignage de Patrick : «Il m’arrive d’avoir des douleurs très violentes qui surviennent sans raison»

Dans le courant du mois d’août 2019, j’ai observé une excroissance au niveau de la partie supérieure droite de mon pubis. Je m’en suis ouvert auprès d’un médecin généraliste (dont j’ai oublié le nom) qui m’a conseillé de m’adresser à un chirurgien spécialiste en chirurgie digestive, pour examiner cette « voussure de fosse iliaque droite ».

Je me suis rendu à la clinique Turin à Paris et ai rencontré le docteur D. Celui-ci m’a ausculté et en quelques minutes à diagnostiqué une hernie inguinale, puis m’a aussitôt déclaré « il faut opérer ».« très bien » lui ai je répondu, « qu’elles en sont les modalités ? », celui ci m’a expliqué qu’il était un grand spécialiste et qu’il avait publié de nombreux articles sur le sujet, puis m’a annoncé une date d’opération en me précisant « il faudra compter 700€ d’honoraires supplémentaires, à me régler en espèces, ainsi que 200€ pour l’anesthésiste ». Le souffle coupé par cette brutalité dans la proposition, j’ai quitté le cabinet.

Quelques jours plus tard, encore sidéré par la proposition du Dr D, je me suis rendu à l’hôpital Foch de Suresnes pour rencontrer le docteur A, également spécialiste en chirurgie digestive.

Celui ci a été tout aussi catégorique quant à la nécessité d’intervenir, m’a proposé la date du 21 octobre 2019 pour une opération en mode ambulatoire, mais ne m’a pas annoncé de supplément d’honoraires.

Après validation des différentes informations administratives, l’affaire était lancée selon les modalités décrites dans les documents joints au présent témoignage.

Le 21 octobre 2019, je suis donc opéré par le Dr A. (que je n’avais pas revu depuis notre premier rendez vous) d’une « cure d’une hernie inguinale droite selon Lichtestein avec pose d’un plaque DMI : Parietex 15×15 cm de chez Medronic ref TEC 515 03/069148 ».

L’opération s’est normalement déroulée, puis à mon réveil, j’ai pu repartir de l’hôpital ……sans avoir revu le docteur.

Évidemment les jours et les semaines qui ont suivi l’opération, la gêne et les douleurs ressenties par la pose du treillis étaient palpables. Après deux semaines de douleurs et de gêne, j’ai tenté de joindre les services de l’hôpital par téléphone (numéro que l’on m’avait donné pour cette urgence) sans succès. Soit je tombais sur un répondeur, soit la ligne ne répondait pas. Les mois ont passé, la douleur a duré presque 2 ans sans que je puisse faire quoique ce soit pour la soulager. N’étant pas adepte des calmants, je l’ai supportée longtemps puis elle s’est petit à petit transformée en « simple gêne ».

Aujourd’hui, la gêne est toujours présente, mais je m’en suis accommodé.

Ma femme étant enseignante de yoga elle est de bon conseil dans ma pratique sportive quotidienne. Je privilégie les étirements des psoas, je pratique des séances de yin yoga (qui permettent les étirements en profondeur) et des sports plus classiques comme la natation, la musculation douce et la course à pied.

Jusqu’à l’année dernière (2024), l’étirement du psoas droit et mes séances de yin yoga déclenchaient une sensation de brûlure sur la partie exacte de la pose du « treillis ». Aujourd’hui, une petite boursouflure se sent au toucher, mais la sensation de brûlure et les douleurs ont quasiment disparu.

Il m’arrive d’avoir des douleurs très violentes qui surviennent sans raison dans le testicule droit. Il s’agirait des conséquences de la présence du treillis qui viendrait appuyer sur un nerf déclenchant ces douleurs (qui sont parfois insoutenables). Un ami médecin m’a suggéré en cas de récidive, de masser doucement la partie sur laquelle se trouve le treillis afin de me soulager. J’ai essayé et en effet, cela fonctionne. Mais je dois avouer que c’est un handicap certain lorsque surviennent ces douleurs.

En revanche, en 2021 j’ai vu apparaître sur la partie haut gauche de mon pubis, la même excroissance que 2 ans auparavant à droite. Le doute n’était pas permis, une nouvelle hernie inguinale était apparue.

Cette fois ci, et comme la douleur de la pose du treillis était encore présente, j’ai décidé de tenter de régler le problème en pratiquant des exercices axés sur le travail du périnée et des muscles abdominaux profonds. Quotidiennement donc, j’ai rééduqué cette zone et en quelques semaines, la hernie est « rentrée ». Il n’a pas été nécessaire de consulter, ni de me faire à nouveau opérer.

Je ne suis pas certain que cette solution s’applique facilement à tout individu, mais elle est une option qui n’est même pas envisagée par les médecins qui pourraient prescrire des séances de kinésithérapie, soit en prévention de ce genre de phénomène, soit en cure pour tenter cette première approche avant d’aller sur une opération coûteuse à tous niveaux (social, physique et psychologique). Il s’agit de santé publique autant que de bien être personnel.

Enfin, j’aimerais aborder en conclusion de mon témoignage, l’existence des pratiques plus « douces » dans le cadre de cures chirurgicales de hernies inguinales de type Shouldice, réalisées par le docteur B qui intervient à la clinique du sport à Bordeaux et à Paris.

En effet, ce chirurgien opère des sportifs de haut niveau, victimes fréquentes de ce type de problème, selon cette méthode (Shouldice) plus adaptée et moins douloureuse. On trouve de nombreuses conférences tenues par ce spécialiste sur internet.

Témoignage rédigé ce mardi 13 janvier 2026 et transmis à Julie Canon, coordonnatrice de l’action collective des victimes des prothèses hernie.

Patrick Blandin

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