Il l’évoque comme « un scandale sanitaire monstrueux trop longtemps passé sous les radars ». Pionnier dans les actions collectives en France, Me Pierre Debuisson veut lancer une procédure (civile et pénale) contre les fabricants de prothèses en polypropylène, les médecins qui les posent sans avertir les patients de leur danger potentiel et l’État pour son inaction supposée.
« 37 000 patients ont déjà porté plainte aux USA »
Grâce au « lanceur d’alerte » Arnaud Denis, comédien lauréat d’un Molière, et à sa rencontre avec Julie, une infirmière ariégeoise de 28 ans dont la vie est devenue un enfer après avoir été opérée à Toulouse et qui anime un blog sur la question, l’avocat compte bien agréger « des centaines, voire des milliers de victimes ».
Majoritairement fabriqués aux USA « où 37 000 patients ont déjà porté plainte, avec deux procès remportés face aux fabricants », ces implants servent en théorie à renforcer les tissus mous de la paroi abdominale. Lors d’une éventration, comme pour Julie, opérée de la vésicule biliaire, ou d’une hernie inguinale, comme pour Arnaud Denis.
Les patients souffrent le martyre
« Le problème est que dans 80 à 90 % des cas [de complications], selon des données scientifiques, ce genre de prothèse s’accompagne du développement d’infections nosocomiales » voire de maladies auto-immunes. Les patients souffrent le martyre au quotidien, voient leur vie totalement chamboulée et il est souvent très difficile voire impossible d’ôter ces implants. Un nouveau scandale sanitaire à grande échelle ?

